CVL, CAVL, CVC : ces instances où les élèves apprennent la citoyenneté.
S’il est souvent question de favoriser l’engagement des jeunes en milieu scolaire, qu’en est-il réellement sur le terrain ?Il existe des espaces où les jeunes s’engagent dans des instances citoyennes, et apprennent la démocratie en la pratiquant. Ces espaces permettent aux élèves de s’exprimer, proposer, débattre et parfois influencer les décisions des politiques. Il s’agit des CVC, CVL et CAVL, ou littéralement des conseils de vie à l’école.
Assez peu connues du grand public, et même souvent des élèves eux-mêmes, ces dispositifs visent à faire vivre la démocratie à l’école et pas seulement en transmettre la théorie. Le constat est qu’elles sont parfois sous-exploitées sur le terrain. Un moyen pour faire entendre la voix des élèves. A mesure que la scolarité s’allonge, l’école occupe une place centrale dans la vie des jeunes. Elle ne se limite pas aux apprentissages académiques. Elle est aussi un lieu de socialisation, d’expériences et de construction de soi. Ainsi, permettre aux élèves de participer à la vie de leur établissement répond à un double objectif :
- Former des citoyens capables de comprendre et participer à la démocratie.
- Améliorer le climat scolaire, c’est-à-dire la vie à l’école, en prenant en compte leur expérience quotidienne.
Selon l’Association Française des Acteurs de l’Éducation (2022), devenir citoyen passe autant par les enseignements théoriques que par la participation aux instances représentatives et la vie collective.
Mais alors, CVC, CVL, CAVL…de quoi parle-t-on ?
Ces sigles désignent des espaces de représentation des élèves, à différents niveaux :
- CVC (Conseil de la vie collégienne) : au collège
- CVL (Conseil de la vie lycéenne) : dans chaque lycée
- CAVL (Conseil académique de la vie lycéenne) : à l’échelle d’une académie
Le CVL, par exemple, a été généralisé au début des années 2000 pour améliorer le dialogue entre élèves et adultes dans les établissements (Becquet, 2009)
Ces conseils permettent aux élèves, par l’intermédiaire de leurs représentants élus, de proposer des projets, de donner leur avis sur la vie de l’établissement, de participer à des discussions avec les adultes qui les encadrent et les accompagnent (enseignants, CPE, direction, etc.)
La démocratie scolaire, idéal ou réalité ?
Sur le papier ces instances sont ambitieuses. Elles reposent sur une vision à la fois politique, où l’élève est un citoyen en formation qui apprend à débattre, représenter, décider, et une vision plus pragmatique où le jeune est aussi un usager avec le besoin de s’exprimer et d’améliorer son cadre de vie.
Les conseils peuvent donc former et aussi transformer.
Ce que les élèves peuvent faire.
Dans les établissements où ces instances fonctionnent bien, les élèves peuvent s’impliquer dans des sujets très concrets, allant de l’organisation d’évènements (journées solidaires, actions écologiques), à l’amélioration du cadre de vie (espaces de vie, restauration), en passant par des actions de prévention (harcèlement, discriminations) ou la création de projets culturels.
Tout dépend, en fait, du dynamisme de l’ensemble des personnes impliquées et des moyens mis à disposition pour faire vivre ces instances.
Il ne s’agit pas de limiter les représentants d’élèves à un rôle consultatif symbolique (Becquet, 2009).
Des freins sont à lever, car souvent des obstacles persistent : manque de temps dans des emplois du temps chargés, reconnaissance insuffisante de l’engagement, inégalités d’accès selon les établissements ou les profils d’élèves.
Le rôle des adultes est déterminant. Un point qui ressort clairement des travaux de recherches, c’est que la participation des élèves ne fonctionne pas sans accompagnement (Pagoni, 2009).
Les élèves ont besoin d’abord d’être formés à leur rôle de représentants, et d’évoluer dans un climat de confiance. Il revient également aux adultes d’accepter de laisser une part de leur pouvoir décisionnaire. Comme dans toute démarche éducative, il s’agit de chercher jusqu’où il convient d’accompagner le jeune pour l’emmener vers l’autonomie et le rendre acteur de son parcours. Maela Paul défini l’acte d’accompagner comme le fait de « se joindre à quelqu’un, pour aller où il va, en même temps que lui » (2014, p60). Elle poursuit en précisant que l’accompagnant « doit lui-même s’engager tout en se situant en retrait, s’impliquer tout en s’effaçant, sans cesse s’adapter, s’ajuster, changer de registre » (2014, p114)
Quelle place donne-t-on réellement aux élèves dans l’école ?
Pendant longtemps, la vie scolaire a été pensée en marge des apprentissages. Aujourd’hui, elle est de plus en plus reconnue comme un levier de ces apprentissages. Elle est une condition d’épanouissement et de réussite.Pour aller plus loin, plusieurs pistes se dessinent :
- Intégrer davantage l’engagement dans les apprentissages (projets interdisciplinaires, éducation morale et civique),
- Reconnaître les compétences acquises (portfolios, valorisation dans le parcours scolaire),
- Développer des partenariats avec des acteurs de l’éducation populaire.
Les AROEVEN proposent des outils et des formations pour soutenir cet engagement.
Encourager la participation des élèves c’est changer de regard, pour passer des élèves usagers, à des élèves acteurs de l’école.
Publié par :
Aroéven Reims - Grand-Est







